S.U.V ÉPISODE XIII : REMPLACER LA PERFORMANCE PAR LA ROBUSTESSE

S.U.V ÉPISODE XIII : REMPLACER LA PERFORMANCE PAR LA ROBUSTESSE

La Maison de l’Écologie, l’Université Populaire de Lyon et le Théâtre du Bruit s’associent pour proposer un cycle d'événements mensuels : les "Saisons Utopiques des Vivant·es"

Une fois par mois, à partir d’une thématique de société donnée, les SUV proposent une expérience singulière. A partir d’une proposition artistique, et d’une réflexion partagée, les SUV déploient un espace de transmission de savoirs (empiriques, universitaires, etc..) et un espace de débat inclusif.

ÉPISODE XIII : REMPLACER LA PERFORMANCE PAR LA ROBUSTESSE

Jeudi 29 janvier 19h-22h

19h-19h30 : accueil et papote autour du bar, découverte de "l'exposition" Le Grand Soulagement par Quentin Faucompré

19h30-21h : Conférence/débat "Administrer le désastre" avec Olivier Hamant & Thierry Ribault

21h15-22h : repas à prix libre !

Entrée libre et bar à prix libre !

ADMINISTRER LE DÉSASTRE -- Conférence/débat avec Olivier Hamant & Thierry Ribault


À l’heure des crises systémiques, écologiques, sanitaires, sociales et démocratiques, qui ont rendu concrète la perspective de risques d’effondrement, les notions de sobriété, d’efficience ou de résilience se sont imposées dans le débat public comme des chemins à suivre, voire comme des panacées, pour prolonger le devenir humain malgré l’adversité.

Au point d’être adoptées de manière suffisamment consensuelle pour neutraliser l’émergence d’interrogations pourtant légitimes.

Et si l’on faisait un pas de côté ? Si l’on prenait le temps de se demander quel « monde » ces concepts véhiculent réellement ? Quelle vision du vivant, des sociétés et de l’avenir portent-ils en eux ?

C’est précisément l’objet de cette rencontre entre Thierry Ribault, sociologue et chercheur au CNRS, et Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’INRAE. Qui proposent tous deux, avec leurs outils respectifs, des remises en question des certitudes les plus couramment admises, mais dont on peut se demander si elles se recoupent, se complètent ou bien s’opposent.

À partir de ses travaux sur les catastrophes industrielles et nucléaires, Thierry Ribault interroge la manière dont la résilience peut devenir une injonction à l’adaptation, une façon d’organiser la survie au détriment de la justice, de la responsabilité et du débat démocratique.

De son côté, Olivier Hamant s’appuie sur la biologie du vivant pour déconstruire l’obsession contemporaine de la performance, de l’optimisation et du contrôle. Ses recherches montrent que les systèmes vivants qui durent ne sont ni les plus efficients ni les plus rapides, mais les plus « robustes ».

Au final, ce dialogue ne vise pas à apprendre à « encaisser » toujours davantage les crises, ni à perfectionner les techniques de l’adaptation permanente. Il invite au contraire à une déconstruction salutaire, en interrogeant les conditions structurelles de notre vulnérabilité, ainsi que les choix politiques, économiques, scientifiques et techniques qui la produisent et l’entretiennent.

LE GRAND SOULAGEMENT -- "Exposition" par Quentin Faucompré


Le Grand Soulagement investit l’espace public à travers une série d’affiches collées sur les murs de la ville, puis présentées à la Maison de l’Écologie le soir de l’événement. Chaque affiche associe une phrase courte à une image photographique, selon une construction en diptyque qui joue sur le décalage et l’association d’idées.

Les slogans prennent la forme de propositions directes, parfois absurdes, formulées sur le mode de l’énoncé simple. Ils évoquent le repos, la pause, le retrait, la sieste, le soulagement comme réponses inattendues à un monde saturé par l’injonction à produire, à optimiser et à se rendre utile. Ces phrases n’appellent ni à un programme, ni à un mot d’ordre mobilisateur. Elles fonctionnent comme des interruptions, des glissements de sens, des déplacements ironiques.

Cette capacité de décompression est décisive. La robustesse repose sur l’élasticité, sur la faculté d’absorber les tensions sans se rompre. L’humour et le décalage jouent ici un rôle précis : ils empêchent la rigidification des discours.

Présentées dans la rue, hors des espaces d’exposition traditionnels, ces affiches se confrontent au flux urbain et à ses usages quotidiens. Elles peuvent être vues rapidement, partiellement, répétées d’un mur à l’autre. Leur diffusion repose sur le collage, la superposition et la circulation lente, acceptant les altérations, les recouvrements et les détournements.

Par cette forme et par ces choix, Le Grand Soulagement n'est pas un Grand Soulèvement mais une présence discrète persistante, qui introduit un pas de côté dans l’espace public et propose une critique accessible de la performance et de l’épuisement contemporain, sans se transformer en injonction supplémentaire.

in 2 days
Maison de l’écologie
4 rue Bodin 69001, LYON
libre
Add to calendar
Download flyer