Vonsharon // Electro Rock
A propos de vonsharon
vonsharon ne vient ni d’un lieu ensoleillé, ni d’une scène branchée, et compte bien ramener le rock là où il fait sombre, loin des quartiers chics.
Traçant une ligne minimaliste et honnête, le duo joue sans posture, ni surproduction : juste une batterie, une guitare, une voix (parfois deux). De leurs quatre mains, Maxim Castel-Charron et Noël Tupin fabriquent un rock brut et habité, traversé par l’ennui, la colère sincère, l’ironie, l’envie de fuite et la lucidité. Musicalement, le groupe breton se situe entre le songwriting de Hanni El Khatib et la hargne abrasive de DITZ, avec une énergie directe héritée de Blood Red Shoes.
vonsharon est né d’une faille, jouant comme on respire après l’apnée : sans réfléchir, sans politesse, avec urgence. Survivant parmi d’autres des attentats du Bataclan, ce moment d'horreur a laissé chez Maxim sa marque : ce n’est pas une cicatrice à montrer, mais une force à canaliser.
L’album « text when you get home »
« Text When You Get Home » est un album qui parle d’attente, de contrôle, de désir et de toutes les formes de communication qui rassurent autant qu’elles enferment. C’est un disque construit comme une boucle : une histoire qui commence par une question, se transforme en acte, puis revient incomplète, insistante, presque blessée.
Tout commence avec la boucle introductive de home yet?, composée de quelques notes suspendues, sorte d’interrogation quasi-mécanique qui réapparaît, déformée, reconduite, dans i don't dare to dream of you et plus profondément dans les textures instrumentales. Ce motif agit comme une cicatrice sonore : il évolue mais ne disparaît jamais vraiment.
Des images reviennent comme des flashs (chaleur, textos, télévision, routes désertes) toutes liées à la vulnérabilité, au regard, et à cette frontière floue entre réassurance et emprise. Elles composent un paysage où chaque échange semble apaiser autant qu’il enferme.
Les arrangements vocaux créent une tension subtile : la voix puissante de Maxim se confronte à celle plus claire d’Alison (ex-POPPIES). Deux perspectives, deux vérités, un déséquilibre assumé.
À cela s’ajoutent des espaces instrumentaux trompeurs : ils respirent, mais n’apaisent pas. Ils reviennent comme un témoin qui surveille plutôt qu’il ne console.
Text When You Get Home s’annonce comme un album dense, sensible, construit comme un message qui ne trouve jamais tout à fait sa réponse.